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Pourquoi les régimes ne fonctionnent pas ?

19.01.2018 mis à jour le 12.02.2020

Miam&Fit_pourquoi les régimes ne fonctionnent pas

Avec une nouvelle année, les médias vous donnent de nouvelles raisons de suivre un régime. Nous sommes en janvier, ce qui signifie que c’est le mois national des régimes et que vous êtes probablement bombardés par les promesses d’une vie meilleure liées à la taille de votre corps. Mais, il y a tellement de problèmes avec un régime. Et, comprenons-nous bien que par régime, je veux dire TOUTE FORME de restriction. Pas uniquement les programmes qui se nomment eux-même des “régimes”. Cela comprend les nettoyages et les programmes détox et de “style de vie”.

Oui, je suis ici aujourd’hui pour expliquer pourquoi les régimes ne fonctionnent pas et pourquoi ils sont si problématiques.

Mais avant de commencer, je voudrais tout de même ajouter ceci : je peux totalement comprendre l’attrait d’un régime. Les programmes de régime ont les meilleurs spécialistes du marketing professionnels. Donc pas étonnant que cette industrie pèse plus de 67 milliards de dollars. Ils profitent de l’idée que vous n’êtes pas assez bon tel que vous êtes.

Grâce aux préjugés de négativité inhérents que nous avons en tant qu’humains, nous intériorisons ce message et croyons que nous sommes moins que et que nous devons nous réparer.

Et, pour beaucoup de gens, les règles, le contrôle et la structure des régimes sont très attrayants. Mais ce n’est pas durable ! Ce qui m’amène à ma première raison pour laquelle les régimes ne fonctionne pas.

1) Les régimes ne sont pas durables

Bon, alors pour ceux qui crient en affirmant “moi ça fait 3 semaines ou 2 mois que je suis le régime XYZ, et ça fonctionne très bien !” Ok !… sur le court terme… Mais qu’en est-il sur le long terme ? sur une année ? sur trois ans ? sur cinq ans ?… Sur toute votre vie ???

Parce que je ne vais pas vous mentir, oui les régimes vous aideront à perdre du poids au début. A court terme, les régimes fonctionnent. Mais il n’y a jamais eu une seule étude sur les effets à long terme d’un régime, au cours des six dernières années, qui montre que les gens ont pu maintenir leur régime alimentaire et perdre du poids pendant plus de six ans. (Franchement, si vous en avez trouvé une, faites-le moi savoir !).

Ce que la recherche montre, c’est que 95% des personnes qui suivent un régime finissent par reprendre le poids qu’elles ont perdu.

Et sur ces 95%, environ les deux tiers prendront plus de poids qu’au départ. Puis commence le cycle vicieux de restriction/frénésie, yo-yo. La littérature nous montre que les cycles (perte de poids, reprise du poids) sont plus nocifs pour notre santé que de simplement garder un poids plus élevé.

Une revue de recherche qui a examiné plus de 30 études sur les régimes amaigrissants a conclu que les régimes sont en fait un prédicteur de la prise de poids (1). L’ANSES (Agence National de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation, de l’Environnement et du Travail) confirme selon une étude menée en 2010, que les régimes menés à répétition entraînent la reprise du poids perdu (et plus !) ainsi que de nombreuses pathologies mentales et physiques (2) (3).

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Une revue de recherche qui a examiné plus de 30 études sur les régimes amaigrissants a conclu que les régimes sont en fait un prédicteur de la prise de poids (1). D’ailleurs, l’ANSES confirme que les régimes menés à répétition entraînent la reprise du poids perdu (et plus !) ainsi que de nombreuses pathologies mentales et physiques (2) (3).

Je souhaite vraiment qu’un jour, l’industrie alimentaire soit touché comme l’industrie du tabac. Et que, tout comme les cigarettes sont maintenant accompagnées d’un avertissement sur l’étiquette montrant que fumer provoque le cancer et autre, les régimes aussi viennent avec leur propre étiquette d’avertissement sur laquelle serait écrit : provoque une prise de poids.

2) Les régimes sont une forme de malnutrition

Nos corps sont intrinsèquement calibrés pour la survie. D’un point de vue évolutif, nos corps sont conçus pour nous protéger contre la famine. Car nous avons dû nous adapter pour survivre aux famines, il y a des années et des années. Et nos corps ne sont pas conscients que nous vivons maintenant au 21ème siècle, où nous n’avons plus à chasser pour nous nourrir.

Alors, lorsque nous suivons un régime, c’est comme si nous disions à notre corps que nous sommes dans une période de famine donc “vas-y, Corps ! Aide-moi à survivre !”. Et nos corps compensent pour nous maintenir en vie. Ils font leur maximum :

  • en abaissant notre métabolisme (donc réduction des réactions biochimiques dans notre corps),
  • en stimulant notre cerveau à produire les neurotransmetteurs (les petits messagers qui circulent entre vos neurones) pour nous faire penser à la nourriture toute la journée,
  • en conservant la graisse,
  • et en arrêtant les systèmes non essentiels à notre survie comme notre système reproducteur.

C’est pourquoi de nombreuses femmes qui mangent mal finissent par perdre leurs règles.

Avec tout, il est normal qu’il soit difficile de perdre du poids chaque fois que vous suivez un régime.

Car votre corps conserve ses réserves de graisse et abaisse votre métabolisme pour vous aider à rester en vie. Donc, je me répète encore une fois (et je crois que je ne le répèterai jamais assez !) : votre corps essaie de vous garder en vie. Votre corps n’est pas l’ennemi ici ; il essaie simplement de vous protéger. L’industrie du régime est l’ennemi.

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3) Les régimes provoquent les frénésies alimentaires

Il y a beaucoup de personnes qui me posent des questions concernant leur consommation excessive d’aliments en pensant que leur frénésie est purement émotionnelle et qu’ils sont des “mangeurs émotifs” ou “mangeurs compulsifs”. Mais, après une évaluation plus approfondie, je réalise que leur frénésie est en fait une réaction biologique liée à la privation.

Souvenez-vous, lorsque j’ai mentionné les réactions du corps fasse à la famine, j’ai parlé des neurotransmetteurs libérés dans votre cerveau pour vous faire penser à la nourriture en réponse à la famine.

Eh bien, il s’agit du neuropeptide Y (NPY). Ce NPY est sécrété par votre cerveau lorsque vous n’obtenez pas suffisamment de calories et/ou glucides. D’ailleurs, n’oubliez pas que les glucides sont la principale source de carburant/énergie de votre cerveau. Alors, le NPY augmente votre motivation à manger, retarde la satiété et stimule la prise alimentaire avec une préférence pour les glucides. (Ah, il est pas génial notre corps ! Il a vraiment développé de nombreuses solutions pour nous aider. Brave petit corps !)

Du coup, NPY est probablement la raison pour laquelle vous avez tant envie de glucides, et non pas parce que vous êtes un “mangeur émotionnel”. Et, parce que le NPY retarde la satiété, nous avons l’impression que nous pouvons manger beaucoup d’aliments glucidiques à la fois, ce qui peut ressembler à une frénésie. Mais ce n’est pas une question de contrôle.

C’est littéralement un mécanisme de survie chimique dont notre corps a besoin pour nous maintenir en vie et en bonne santé et dans un état d’homéostasie (= d’équilibre). Les régimes et les restrictions, c’est-à-dire ne pas avoir assez d’énergie et suffisamment de glucides, déclenchent donc la frénésie alimentaire. C’est poruquoi nous faisons des ravages dans le réfrigérateur !

4) Les régimes vous rendent obsédés par les aliments

Les études menées à ce sujet sont nombreuses. Et, pour vous montrer à quel point, “ils” le savaient déjà : voici une étude de recherche (très intéressante), menée dans les années 1940 (et oui aussi loin déjà !). Des observations sur un groupe de 36 hommes ont montré les effets de la restriction alimentaire (4). Leur apport calorique a été réduit de moitié pendant une période de six mois et non seulement les chercheurs ont observé des changements d’humeur tels que l’irrirabilité, la fatigue et le manque de motivation.

Mais ils ont également observé une obsession pour la nourriture : “Ils dorlotaient [la nourriture] comme un bébé ou la manipulaient et la regardaient comme ils le feraient avec de l’or. Ils ont joué avec comme des enfants faisant des tartes à la boue”. (“They would coddle [the food] like a baby or handle it and look over it as they would some gold). Ou encore, un patient écrivit “Je suis resté éveillé jusqu’à 5 heures du matin la nuit dernière à étudier des livres de cuisine”. (“Stayed until 5 a.m. last night studying cookbooks.”).

Les hommes, de cette étude, ont commencé à déchirer les recettes des livres de cuisine et à voler de la nourriture. D’autres mâchaient jusqu’à 30 paquets de gomme par jour. Sans parler des rituels étranges notés comme lécher les assiettes propres, garder la nourriture dans leur bouche pendant un certain temps avant de l’avaler ou de travailler sur les combinaisons dans leur assiette en faisant “des concoctions étranges et désagréables”.

Les gens pensent souvent que c’est de leur faute.

Si les personnes, qui font un régime, pensent tout le temps à la nourriture. Mais ce n’est en fait qu’une réaction biologique à la restriction. Bien sûr, vous allez être préoccupé par la nourriture parce que votre corps a faim de carburant ! Et une fois de plus, l’industrie du régime fait en sorte que nous pensons que quelque chose ne va pas avec nous.

5) Les régimes augmentent les envies

Un programme diététique vous a-t-il déjà dit que vous étiez accro aux aliments XYZ ? Eh bien, je suis ici pour vous dire que la science est très limitée pour soutenir que la dépendance alimentaire est réelle. Et si vous voulez en savoir plus sur les limites de la recherche, un article à lire ici.

Mais la base du modèle de la théorie de la dépendance alimentaire est que la nourriture partage des voies communes de la drogue dans le cerveau et que la nourriture peut activer les neurones de “récompense”. Ce qui provoque ainsi la sensation de joie et de bien-être (surtout lorsque vous mangez votre nourriture préférée !).

Et, ce que les programmes de régime ne prennent pas en compte, c’est que la recherche scientifique montre bien que ces centres neuronales du plaisir/récompense dans le cerveau, s’allument encore plus en réponse à un aliment qui a été précédemment restreint (5).

Ainsi, quand un aliment est interdit, comme la crème glacée, votre cerveau va enregistrer cette glace comme étant encore plus agréable que si elle n’était pas restreine. Parce qu’en tant qu’humains, nous sommes motivés par nos besoins non satisfaits. Imaginez : vous mettez un tout-petit dans une pièce remplie de centaines de jouets et vous lui dites qu’il peut jouer avec n’importe quel jouet dans cette pièce à l’exception de ce camion bleu, devinez avec quel jouet il voudra jouer ? Même principe avec la nourriture.

Pour conclure

Lorsque vous vous dites qu’un certain aliment est “mauvais” ou interdit, alors cet aliment sera celui auquel vous penserez en permanence et dont vous aurez envie. C’est l’effet “Bad Boy” : nous voulons/désirons ce que nous pensons ne pas être bon pour nous. Donc, si vous pensez être accro à [insérez la nourriture de votre choix ici], il est probable que vous ne soyez pas vraiment accro. C’est le régime et la restriction de cette nourriture qui vous amènent à y penser et à en avoir envie. Avez-vous d’autres raisons d’ajouter à cette liste les raisons pour lesquelles les régimes ne fonctionnent pas ? J’adorerai les entendre !

J’espère que cet article vous a plu et vous aidera à guérir votre relation avec votre corps et la nourriture. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez à nous laisser des commentaires. Nous serons ravis de vous entendre !

Céline Maetti

Diététicienne/Nutritionniste

Je suis moi-même passée par toutes les croyances sur notre santé (régimes, exercices intensifs,…) J’ai traversé de nombreuses étapes avant de réaliser ce qu’on nous cache réellement.
Etudiant pendant plus de 15 ans les recherches scientifiques, je souhaite partager avec le plus grand nombre ce que j’ai pu découvrir. Et c’est avec toute une équipe d’experts dans leur domaine que j’ai construit les programmes Miam&Fit. Mon objectif est d’aider les gens à retrouver la santé et à aimer leur vie !

Si vous avez aimé mon article, laissez moi un petit commentaire laughing.

Vous souhaitez en savoir plus ? Regardez notre page ici.

Bibliographie :

(1) MANN T., et al. “Medicare’s search for effective obesity treatments : diets are not the answer” – American Psychologist, 2007, 62(3), pp. 220 – 233. https://doi.org/10.1037/0003-066X.62.3.220

(2) ANSES. ” Evaluation des risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement” – Rapport d’expertise collective, 2010, 158 pages. https://www.anses.fr/fr/system/files/NUT2009sa0099Ra.pdf

(3) ANSES. “Régimes amaigrissants : quels sont les risques liés aux pratiques alimentaires d’amaigrissement ?” – 2012, mis à jour 2019, article internet. Consulté le 23/12/2019. https://www.anses.fr/fr/content/régimes-amaigrissants

(4) GUETZKOW H. S. et BOWMAN P. H. “Men and Hunger – A Psychological Manual for Relief Workers” – Brethren Publishing House, 1946, 72 p. https://archive.org/stream/MenAndHunger#page/n9/mode/2up

(5) BURGER K. S. et STICE E. “Relation of dietary restraint scores to activation of reward-related brain regions in response to food intake, anticipated intake, and food pictures” – Neuroimage, 2011, 55(1), p. 233 – 239. DOI : 10.1016/j.neuroimage.2010.12.009

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