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Le lait et la mortalité

23.04.2021

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Voici la 4ème partie de notre voyage concernant le lait et le lien avec le taux de mortalité.

Après avoir étudié, l’impact du lait sur la santé de nos os (partie 1), puis ses effets sur la perte de poids et savoir la différence entre le lait entier et le lait écrémé (partie 2), nous avons terminé sur le lait et le lien avec le cancer (partie 3).

Intéressons-nous maintenant à la question : le lait cause-t-il la mort ? Beaucoup de personnes pensent que le lait, surtout riche en gras, est la cause d’un fort taux de mortalité et provoque des maladies cardiaques. Alors, regardons ce que la science nous dit à ce sujet.

1) Le lait riche en gras cause-t-il des maladies cardiaques ?

Par rapport aux graisses monoinsaturées et aux graisses polyinsaturées, il est communément admis que les graisses saturées et le cholestérol alimentaire entraînent une augmentation des taux de cholestérol sanguin et un rapport déséquilibré entre les concentrations élevées de lipoprotéines de basse densité (LDL) (souvent appelées le “mauvais cholestérol”) et les lipoprotéines de haute densité (HDL) (souvent appelées le “bon cholestérol”). C’est l’un des arguments lorsque les gens essaient de répondre à la question : le lait riche en matière grasses cause-t-il des maladies cardiaques ?

Mais de nouvelles recherches suggèrent que les graisses saturées et le cholestérol alimentaire ne sont pas aussi mauvais que nous le pensions (1) (2).

Bien sûr, des études suggèrent toujours qu’il y a des avantages pour la santé cardiaque à remplacer les graisses saturées par des acides gras insaturés (en particulier pour les oméga-3) (3). Cependant, les récentes études montrent que le remplacement des produits laitiers (contenant à la fois des graisses saturées et du cholestérol) par des glucides ou autres graisses animales n’est pas associé à un risque plus élevé de maladie cardiaque (4). Néanmoins, ils affirment que le remplacement des graisses laitières par des sources végétales insaturées de graisses réduise le risque de maladies cardiovasculaires.

Les produits laitiers contiennent des graisses saturées et insaturéees (comme les oméga-3), de l’acide linoléique conjugué (voir partie 2), des minéraux, des antioxydants et des composants qui bénéficient à votre cholestérol HDL (5). C’est d’ailleurs celui que vous VOULEZ augmenter. Par conséquent, il a été proposé que d’autres composants des graisses laitières en plus des graisses saturées et des acides gras trans puissent en fait être cardioprotecteurs.

Saturés ou non, les recherches actuelles ne soutiennent pas l’affirmation selon laquelle les produits laitiers plus gras augmentent le risque de maladies cardiovasculaires.

En fait, il n’y a peut-être pas de réelle différence entre les produits laitiers ordinaires et ceux à teneur réduite en matières grasses sur la santé cardiaque. Dans une étude récente menée sur des adolescents, les résultats montrent que les associations entre la consommation de produits laitiers et la santé cardiométabolique sont très similaires entre les produits laitiers ordianires et ceux à teneur réduite en matières grasses (6). D’ailleurs, les résultats de la consommation en produits laitiers avec la graisse entière montrent des relations inverses avec l’obésité chez les enfants.

Une grande méta-analyse récente a également révélé que la consommation de produits laitiers et de fromage, qu’ils soient faibles ou riches en gras, réduisaient le risque d’accident vasculaire cérébral et de maladie coronarienne (7). Il faut cependant tenir compte du fait que des données supplémentaires sont nécessaires pour déterminer les modèles dose-réponse, ou pour savoir la quantité de produits laitiers dont nous avons réellement besoin pour améliorer notre santé cardiaque.

La vérité est qu’il existe très peu d’éléments de preuve qui suggèrent des risques plus élevés de maladies chroniques ou de mortalité lors de la consommation de plus de produits laitiers ordinaires en matière grasse.

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L’étude sur les adolescents a comparé les résultats obtenus à ceux des études menées sur des adultes. La majorité des résultats montrent que la graisse laitière n’était pas liée aux maladies cardiovasculaires, à l’hypertension ou au diabète de type 2. De plus, la consommation de produits laitiers à teneur réduite en matières grasses serait associée à un risque réduit de ces maladies.

Les effets bénéfiques des produits laitiers sur la santé, démontrés dans de nombreuses études, indiquent également qu’il peut y avoir une grande différence entre la consommation d’aliments entiers et les nutriments isolés.

Par exemple, les produits laitiers contiennent d’autres nutriments essentiels (calcium, protéines, potassium, lactotripeptides bioactifs) en plus des graisses saturées, qui auraient des effets sur la santé variables (bénéfiques ou nocifs) par rapport à d’autres aliments riches en graisses saturées (comme la viande).

De plus, des études émergentes ont été menées sur la composition des matières grasses laitières et sur la façon dont elles contiennent certains acides gras uniques qui peuvent offrir des avantages potentiels pour la santé tels que les acides linoléiques conjugué (CLA), l’acide butyrique, l’acide palmitoléique (cis et trans), l’acide phytanique et l’acide alpha-linoléique (ALA).

Une revue récente a examiné certains acides gras circulants provenant de l’apport laitier, en particulier l’acide margarique et myristique (8). Ils ont constaté que les acides gras contenus dans les produits laitiers n’avaient pas d’effet négatif sur la santé cardiaque.

Sur la base de ces études, il est proposé que la matière grasse laitière n’augmente probablement pas le risque d’obésité ou de maladie cardiométabolique. Elle peut même constituer un élément précieux de notre alimentation.

2) Le lait et la mortalité toutes causes

Alors le lait est-il mortel ? Et bien, une méta-analyse de cohorte a montré que le lait et la consommation totale de produits laitiers (y compris le fromage et le beurre) n’étaient pas associés à la mortalité toutes causes ou à la mortalité cardiovasculaire (9). De plus, la consommation de lait n’était pas associée à la mortalité par cancer (voir partie 3).

Puisque, dans une autre méta-analyse sur la mortalité par AVC (Accident Vasculaire Cérébral), la consommation de produits laitiers faible en gras, fermentés ou même en général était inversement liée à la mortalité par AVC (10). Même les produits laitiers riches en matières grasses et non fermentés n’étaient pas liés au risque d’AVC.

Au lieu de cela, plus la consommation totale de produits laitiers est élevée, plus le risque de décès par accident vasculaire cérébral est faible.

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De plus, une revue systématique a conclu que la consommation de produits laitiers n’augmentait pas le risque de décès, en particulier de maladie cardiovasculaire ou de mortalité globale (11).

Des études menées sur la population taïwanaise a révélé qu’il y avait en fait une réduction significative de la mortalité toutes causes et une réduction de la mortalité par cancer avec des apports plus élevés en produits laitiers (jusqu’à 7 fois par semaine) (12).

D’ailleurs, souvenez-vous que concernant les patients atteints d’un cancer colorectal (partie 3), des recherches prospectives suggèrent qu’une plus grande quantité de lait et de calcium total est liée à un risque plus faible de mortalité par cancer du côlon.

3) Le lait et la mortalité : le rôle du D-galactose

Il semble donc assez simplement de parler du lait et du taux de mortalité. Mais cela ne signifie pas que la recherce a été totalement claire. Puisque deux grandes études de cohorte suédoise ont révélé qu’une consommation élevée de lait était liée à de taux de mortalité plus élevés chez les hommes et les femmes (13).

En effet, les auteurs ont déclaré que la teneur du lait en D-galactose (un sucre contenu dans le lait) était un possible coupable (14). Puisque que les chercheurs montrent, par des preuves expérimentales, que le D-galactose peut entraîner une inflammation chronique, un stress oxydatif, une réponse immunitaire réduite, une neurodégénérescence et des changements dans la transcription des gènes.

La quantité de D-galactose montrant ces effet était équivalente à 6 – 10 grammes soit 1 à 2 verre de lait.

Cependant, il y a deux grosses fautes ici. Donc pas de panique, ne vous enfuyez pas tout de suite !

Tout d’abord, ces études ont été menées sur des animaux (des souris) et non chez les humains. Puis, le galactose se trouve également dans les fruits et légumes. Il est donc difficile de confirmer que le coupable soit le D-galactose et de déterminer le rôle exact des produits laitiers ici.

Dans la cohorte suédoise de mammographie menée chez les femmes, il y avait une relation positive entre le lait et la mortalité toutes causes, y compris les fractures (en particulier celles de la hanche). De même, chez les hommes, la cohorte suédoise montre un taux de mortalité plus élevé avec une une consommation de lait plus élevée.

Il est donc intéressant de noter que cette positive était beaucoup plus forte chez les femmes que chez les hommes.

Mais l’étude des femmes est beaucoup plus vaste que celle des hommes. Donc, il est difficile de comparer les pommes aux oranges.

4) Le lait et la mortalité : l’alimentation fermentée

Dans cette même étude (13), les résultats montrent que la consommation de produits laitiers hors lait (comme le fromage) et les produits laitiers fermentés (le yogourt) est liée à une réduction du risque de décès. Les femmes ayant les apports les plus élevés de ces produits fermentés avaient des taux de mortalité et de fractures plus faibles.

Mais chez les hommes, les résultats n’ont pas vraiment les mêmes choses. Puisque le risque de fractures et de mortalité ne semble pas être lié à une consommation importante en produits fermentés. Cela peut même être sans effet pour les hommes.

Cependant, cette étude n’est pas très claire surtout concernant sa méthodologie. Il n’est pas clairement indiqué si les participants étaient plus prédisposés à l’ostéoporose et s’ils buvaient délibérément du lait pour cette étude.

Une autre étude de cohorte a découvert qu’il n’y avait pas d’association entre les aliments fermentés (y compris les produits laitiers fermentés) et le risque de mortalité (15). Mais que la consommation plus élevée de fromage (soit 30 g / jour) était liée à une réduction de la mortalité liée aux maladies cardiovasculaires et aux AVC.

Donc VIVE LE FROMAGE !

Pour conclure

Les produits laitiers contiennent une variété de différents composants uniques, donnant lieu à des recherches passionnantes en tant qu’aliment fonctionnel au-delà de ses propriétés nutritionnelles.

Contrairement à ce que l’on croyait auparavant, les produits laitiers (mêmes les produits laitiers plus riches en matières grasses) ne sont probablement pas nocifs pour la santé cardiaque. De plus, la plus grande majorité des recherches suggèrent que le lait et la mortalité ne sont pas ne sont pas clairement liés.

Ainsi, il ne semble pas que le lait cause intrinsèquement la mort et que le lait entier provoque des maladies cardiaques.

En fait, le lait peut être bénéfique pour ceux qui peuvent le tolérer.

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J’espère que cet article vous a plu et vous aidera à guérir votre relation avec votre corps et la nourriture. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez à nous laisser des commentaires. Nous serons ravis de vous entendre !

Céline Maetti

Diététicienne/Nutritionniste

Je suis moi-même passée par toutes les croyances sur notre santé (régimes, exercices intensifs,...) J'ai traversé de nombreuses étapes avant de réaliser ce qu'on nous cache réellement.
Etudiant pendant plus de 15 ans les recherches scientifiques, je souhaite partager avec le plus grand nombre ce que j'ai pu découvrir. Et c'est avec toute une équipe d'experts dans leur domaine que j'ai construit les programmes Miam&Fit. Mon objectif est d'aider les gens à retrouver la santé et à aimer leur vie !

Si vous avez aimé mon article, laissez moi un petit commentaire laughing.

Vous souhaitez en savoir plus ? Regardez notre page ici.

Bibliographie :

(1) DE OLIVEIRA OTTO M. C., MOZAFFARIAN D., KROMHOUT D., et al. “Dietary intake of saturated fat by food source and incident cardiovascular disease : the Multi-Ethnic study of atherosclerosis” – The American Journal of Clinical Nutrition, 2012, 96(2), pp. 397 – 404. DOI : 10.3945/ajcn.112.037770

(2) KANTER M. M., KRIS-ETHERTON P. M., FERNANDEZ M. L., et al. “Exploring the factors that affect blood cholesterol and heart disease risk : is dietary cholesterol as bad for you as history leads us to believe ? ” – Advances in Nutrition, 2012, 3(5), pp. 711 – 717. DOI : 10.3945/an.111.001321

(3) CALDER P. C., et YAQOOB P. “Omega-3 polyunsaturated fatty acids and human health outcomes” – Biofactors, 2009, 35(3), pp. 266 – 72. DOI : 10.1002/biof.42

(4) CHEN M., SUN Q., PAN A., et al. “Abstract P282 : Dairy fat and risk of cardiovascular disease in 3 cohorts of US adults” – Circulation, 2016, 133(suppl_1), AP282. https://www.ahajournals.org/toc/circ/133/suppl_1

(5) BENBROOK C. M., BUTLER G., LATIF M. A., et al. “Organic production enhances milk nutritional quality by shifting fatty acid composition : a United states-wide, 18-month study” – PLoS One, 2013, 8(12), pp. e82429. DOI : 10.1371/journal.pone.0082429

(6) O’SULLIVAN T., BREMMER A. P., MORI T. A., et al. “Regular fat and reduced fat dairy productions show similar assocations with markers of adolescent cardiometabolic health” – 2016, 8(1), p. 22. DOI : 10.3390/nu8010022

(7) ALEXANDER D. D., BYLSMA L. C., VARGAS A. J., et al. “Dairy consumption and CVD : a systematic review an meta-analysis” – the British Journal of Nutrition, 2016, 115(4), pp. 737 – 750. DOI : 10.1017/S0007114215005000

(8) CHOWDHURY R., WARNAKULA S., KUNUTSOR S., et al. “Association of dietary, circulating, and supplement fatty acids with coronary risk : a systematic review and meta-analysis” – Annals of Internal Medicine, 2014, 160(6), pp. 398 – 406. DOI : 10.7326/M13-1788

Bibliographie :

(9)  O’SULLIVAN T., HAFEKOST K., MITROU F., et al. “Food sources of saturated fat and the association with mortality : a meta-analysis” – The American Journal of Public Health, 2013, 103(9), pp. e31 – e42. DOI : 10.2105/AJPH.2013.301492

(10) HU D., HUANG J., WANG Y., et al. “Dairy foods and risk of stroke : a meta-analysis of prospective cohort studies” – Nutrition, Metabolism, and Cardiovascular Disease, 2014, 24(5), pp. 460 – 469. DOI : 10.1016/j.numecd.2013.12.006

(11) RICE B. H. “Dairy and cardiovascular disease : a review of recent observational research” – Current Nutrition Reports, 2014, 3(2), pp. 130 – 138. DOI : 10.1007/s13668-014-0076-4

(12) HUANG L.-Y., WAHLQVIST M. L., HUANG Y.-C., et al. “Optimal dairy intake is predicated on total, cardiovascular, and stroke mortalities in a Taiwanese cohort” – Journal of the American College of Nutrition, 2014, 33(6), pp. 426 – 436. DOI : 10.1080/07315724.2013.875328

(13) MICHAËLSSON K., WOLK A., LANGENSKIÖLD S., et al. “Milk intake and risk of mortality and fractures in women and men : cohort studies” – the British Medical Journal, 2014, 349, pp. g6015. DOI : 10.1136/bmj.g6015

(14) ABRAHAMSON A. “Galactose in dairy products” – SLU, 2015. https://stud.epsilon.slu.se/7718/1/abrahamson_a_150317.pdf

(15) PRAAGMAN J., DALMEIJER G. W., VAN DER SCHOUW Y. T., et al. “The relationship between fermented food intake and mortality risk in the European Prospective Investigation into cancer and nutrition-Netherlands cohort” – British Journal of Nutrition, 2015, 113(3), pp. 498 – 506. DOI : 10.1017/S0007114515003766

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