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Le “fat shaming” ne favorise pas la santé ni la perte de poids

30.01.2021

Catégorie : Bien-être

Nous éprouvons tous de la honte, de la culpabilité, de l’humiliation ou de la gêne. La honte est universelle. Mais nous n’avons pas à y céder. Souvent, lorsque nous luttons contre la culture diététique ou un trouble de l’alimentation, nous nous sentons seuls… Et, le fat shaming est une des choses dont PERSONNE ne veut parler mais pourtant tellement de gens peuvent s’identifier. Ainsi, sans la capacité de normaliser ce genre de choses, de se connecter avec d’autres qui partagent la même expérience humaine, nous craquons et nous nous déconnectons.

La honte est “le sentiment ou l’expérience extrêmement douloureux de croire que nous sommes imparfaits et donc indignes d’amour et d’appartenance. Quelque chose que nous avons vécu, fait ou échoué à faire nous rend indignes de connexion. […] La honte est la peur de la déconnexion. C’est la peur que quelque chose que nous avons fait ou échoué à faire, un idéal que nous n’avons pas respecté ou un objectif que nous n’avons pas atteint, nous rend indignes de connexion” – Brené Brown, “Le pouvoir de la culpabilité”.

Et, l’apparence et l’image corporelle sont l’une des principales catégories dans lesquelles la honte apparaît généralement.

Ce qui n’est pas surprenant ! L’idéal de la minceur irréaliste fait que beaucoup se sentent imparfaits et indignes en raison de leur forme corporelle naturelle. Cette image de la perfection impossible est renforcée plus souvent qu’elle n’est critiquée. Et, cela entraîne le FAT SHAMING.

1) Le fat shaming ou encore “la honte du gros” ou “grossophobie

Il s’agit tout simplement des critiques que l’on reçoit de personnes extérieures ou de soi-même sur son poids ou ses habitudes alimentaires. C’est une forme de préjugé contre un type de corps considéré comme “différent” d’une forme socialement désirée. Mais qui peut différer d’autres types de préjugés comme l’homophobie ou le sexisme, pour la raison suivante : les auteurs justifient souvent leur critique comme “utile”.

Les gens qui font du “fat shaming” ou “la honte du gros” prêchent souvent leurs actions comme étant honorables. Parce qu’ils croient (ou du moins ils prétendent croire) que faire honte aux gens qui sont gras les encouragera à “être en bonne santé”.

Bon examinons pourquoi cela ne fonctionnera pas.

2) L’obésité n’est pas seulement causée par une suralimentation ou des comportements

Vous avez entendu dire que la prise de poids est une équation basée sur le “manger moins” et “bouger plus” , mais ce n’est peut-être pas toujours aussi simple. (Je rappelle que compter les calories ne fonctionnent pas pour perdre du poids, voici pourquoi ici).

Tout d’abord, notre génétique joue un rôle dans notre type de corps et notre probabilité de gain de poids. Vous avez probablement tous au moins un ami qui peut presque tout manger et rester mince, et en même temps, un autre ami qui restreint méticuleusement sa consommation et continue de prendre du poids. En effet, les gènes contribuent à notre poids de plusieurs façons – en affectant l’appétit, la satiété, le métabolisme, les fringales, la distribution de la graisse corporelle et le stress alimentaire (1). La force de l’influence génétique sur notre poids varie de 25% à 80% (2). Donc peu importe le temps passé à la salle de sport ou la quantité de calories réduites, certaines personnes ne perdront tout simplement pas de poids (3).

Traduction ? En aucune façon, vous ne pouvez supposer que l’obésité ou la forme du corps est liée à de la “paresse”, au style de vie ou à des comportements malsains.

De plus, notre environnement n’est pas toujours propice à une bonne santé. De nombreuses personnes vivent avec un statut socio-économique peu élevé et dans des régions sans accès facile à des aliments frais, locaux et riches en nutriments. Ceux qui vivent éloignés d’un supermarché ou d’une épicerie possédant une grande variété d’aliments doivent généralement compter sur les magasins de “dépannages”, les fast-foods ou les roulottes du coin, où les produits transformés, riches en sucre et en gras sont plus disponibles que les produits frais à faible teneur en calories et les viandes maigres. Certains quartiers manquent d’ailleurs de trottoires, d’aires de loisirs sécurisées, de parcs et de salles de sport abordables, ce qui réduit les niveaux d’activités dans de nombreuses collectivités.

Dernier point, les maladies qui provoquent un déséquilibre des glandes endocrines peuvent souvent avoir des influences importantes sur le poids corporel. Des conditions telles que l’hypothyroïdie (thyroïde sous-active soit une production insuffisante d’hormones par la glande thyroïde), le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK ou PCOS) et certaines tumeurs inhabituelles de l’hypophyse, des glandes surrénales ou du pancréas peuvent toutes prédisposer les individus à une prise de poids incontrôlable.

3) Vous ne pouvez pas prédire la santé d’une personne simplement en la regardant

Contrairement à la croyance populaire, une personne physiquement obèse ou en surpoids peut être en parfaite santé. Le fait qu’une personne ayant un IMC “sain” (Indice de Masse Corporelle) puisse être dans un état de santé pire que son homologue en surpoids ou obèse est encore plus choquant pour certains. Le syndrome métabolique est une forme de résistance à l’insuline, qui peut être causée par l’obésité, mais peut également être liée à la génétique, au vieillissement, à l’origine ethnique et à l’inactivité physique quel que soit le poids corporel, ainsi qu’à ceux qui suivent un régime yo-yo et ceux qui sont en perte de poids.

En d’autres termes, votre poids ne détermine pas votre état de santé et vous pouvez avoir des problèmes de santé quel que soit votre poids. Des études ont montré que les taux de mortalité sont significativement plus élevés chez les individus de poids normal mais métaboliquement obèses que chez les sujets obèses en bonne santé (4) (5). Oui ça existe ! C’est le syndrome MONW, metabollicaly obese normal-weight. Et, il s’agit de personnes qui sont de poids normale mais qui sont exposées à des complications cardiovasculaires.

Le nombre indiqué par la balance ne détermine en aucun cas l’état de santé ou le bien-être d’une personne. Les déclarations affirmant que :

  • Les personnes en surpoids ou obèses ont une durée de vie plus courte.
  • La perte de poids prolonge la vie.
  • Les personnes en surpoids ou obèse sont automatiquement exposées à un risque extrême pour leur santé.
  • La seule façon pour qu’une personne en surpoids améliore sa santé est de perdre du poids.

sont TOTALEMENT FAUSSES !

D’ailleurs, la nutritionniste et chercheuse Linda BACON confirme dans son livre Health at Every Size (“La santé à toutes les tailles”) (super livre !) que les nombreuses croyances populaires, qu’on nous a, maintes et maintes, rabâché pendant des années, sont fausses. Son livre est basé sur l’étude de nombreuses revues scientifiques, des années de recherche et d’étude de cas. En voici un extrait ici.

4) La honte du gros peut en fait entraîner une prise de poids

Certains pensent que faire honte aux personnes en surpoids à propos de leurs habitudes alimentaires ou de leur corps peut en fait les motiver à changer leurs comportements.

Cependant, les psychologues ont fait beaucoup de recherches sur ce sujet, et les preuves sont claires. La honte de la graisse, le fat shaming, ne motive PAS ces personnes. Cela les fait seulement se sentir mal dans leur peau (6).

Sans surprise ! La honte persistante peut en fait entraîner une culpabilité supplémentaire et une alimentation liée au stress, de l’embarras dans la salle de sport et, par conséquent, une prise de poids supplémentaire.

5) Les méfaits du fat shaming peuvent aller au-delà des traumatismes physiques

Les victimes de la honte du gras (fat shaming) ne subissent pas seulement un traumatisme physique, mais elles sont également blessées psychologiquement. Les personnes victimes de discrimination en raison de leur poids courent un risque plus élevé de perte d’estime de soi, de dépression et de troubles de l’alimentation, comme l’hyperphagie boulimique. Ce qui a de graves conséquences sur la santé, tout comme l’obésité.

En résumé, avec l’implication du stress, de l’anxiété, l’augmentation des niveaux de cortisol et les problèmes de santé mentale, la discrimination de poids peut en fait augmenter le risque de diverses maladies chroniques.

6) Comment combattre la honte “fat shaming” ?

Je crois fermement qu’il est important de parler ce sujet. Avec la société actuelle, tout le monde ressent le besoin de tout mettre en boîte parce que nous ne pensons pas que ce soit “normal” ou cela ne correspond à pas à ces attentes irréalistes que nous, ou la société, avons fixées pour nous-mêmes à propos de ce que nous sommes censés ressentir et faire.

Sachez que tout le monde se compare… à tout le monde. Les gens les plus forts et les plus minces se comparent à quelqu’un d’autre et ressentent leur propre honte.

La seule façon de minimiser les sentiments honteux est de les dénoncer.

Les pressions de la société, en particulier pour “manger sain et propre”, avoir l’air parfait, affectent tout le monde. Il est difficile de faire face lorsque vous vous sentez comme un échec pour ne pas atteindre des normes impossibles. Mais, une fois que vous partagez ces sentiments, nous pouvons tous combattre le monstre de la culture du régime ensemble.

La honte tire son pouvoir d’être, en fait, indescriptible et c’est pourquoi elle aime les perfectionnistes. Il est si facile de nous garder silencieux. Si nous sommes suffisamment conscients de la honte pour la nommer et en parler. Nous la coupons essentiellement aux genoux car la honte déteste avoir des mots autour d’elle. Si nous parlons de honte, cela commence à se faner. Tout comme l’exposition à la lumière est mortelle pour les gremlins laughing, le language et l’histoire amènent la lumière à la honte et la détruisent.

Ainsi, le fat shaming provoquent souvent des troubles de l’alimentation et une alimentation déséquilibrée.

Car votre côté perfectionnisme, qui est souvent lié à votre ego, ressort et vous oblige à suivre les règles de la société, en silence. Si vous souffrez de fat shaming que ce soit de la part d’une personne ou de vous-mêmes, exprimez vous : parlez de cette honte ! Le savoir peut vous donner le pouvoir intellectuel de lutter contre cela et de chercher le courage de prendre la parole.

Parlez-en à des personnes confiances qui sauront vous aider et vous soutenir à combattre cette honte du gros. Cela peut être un thérapeute, votre médecin, votre diététicien, des amis de confiance ou votre famille. Partagez avec des personnes avec qui vous vous sentez en sécurité et avec qui vous devenez vulnérable.

Nous devons commencer à nous ouvrir davantage, à briser les murs que nous avons construits, arrêtez de vous inquiéter d’être jugés et de vous soucier de ce que les autres pensent de vous. Vous devez commencer à laisser votre vrai moi être vu.

Pour conclure

Le problème ici est que la stigmatisation de la “honte du gros” ou fat shaming fait plus de mal que de bien. La critique et la culpabilité ne motivent pas les gens à faire des choix sains et constituent plutôt de sérieuses menaces pour la santé physique et mentale.

L’approche oppposée, l’acceptation, est nettement plus efficace.

Donc plutôt que de faire honte aux grosses personnes en donnant des leçons et en les intimidant à propos de la perte de poids, commençons à mettre l’accent sur une approche plus efficace pour atteindre la santé à toutes les tailles. Nous pouvons tous avoir un rôle actif à jouer dans la promotion de la santé optimale de nos semblables. La prévention de la discrimination est une grande partie de ce rôle.

Ce faisant, nous pouvons nous connecter avec d’autres personnes qui pourraient vivre la même chose que nous. Nous pouvons nous aider à nous guérir en normalisant toutes ces formes de corps car nous avons tous tellement plus en commun que nous ne le pensons. Nous partageons tous l’expérience humaine et cette expérience est une course folle alors ne faites pas le trajet seul !

Commentez et Partagez notre article !

J’espère que cet article vous a plu et vous aidera à guérir votre relation avec votre corps et la nourriture. Si vous avez des questions ou des commentaires, n’hésitez à nous laisser des commentaires. Nous serons ravis de vous entendre !

Céline Maetti

Diététicienne/Nutritionniste

Je suis moi-même passée par toutes les croyances sur notre santé (régimes, exercices intensifs,...) J'ai traversé de nombreuses étapes avant de réaliser ce qu'on nous cache réellement.
Etudiant pendant plus de 15 ans les recherches scientifiques, je souhaite partager avec le plus grand nombre ce que j'ai pu découvrir. Et c'est avec toute une équipe d'experts dans leur domaine que j'ai construit les programmes Miam&Fit. Mon objectif est d'aider les gens à retrouver la santé et à aimer leur vie !

Si vous avez aimé mon article, laissez moi un petit commentaire laughing.

Vous souhaitez en savoir plus ? Regardez notre page ici.

Bibliographie :

(1) Harvard Medical School. “Why people become overweight” – Harvard Medical School, 2009, aricle internet. Consulté le 21/01/2021. https://www.health.harvard.edu/staying-healthy/why-people-become-overweight

(2) TANG L. et al. “Meta-analyses between 18 candidate genetic marckers and overweight/obesity” – Diagnostic Pathology, 2014, 9(56). DOI: 10.1186/1746-1596-9-56

(3) LIPPA N. C. et SANDERSON S. C. “Impact of informiong overweight individuals about the role of genetics in obesity : an online experimental study” – Human Heredity, 2013, 75(2-4), pp. 186 – 203. DOI: 10.1159/000353712

(4) CHOI K. M. et al. “Higher mortality in metabolically obese normal-weight people than in metabolically healthy obese subjects in elderly Koreans” – Clinical Endocrinology (Oxf), 2013, 79(3), pp. 364 – 370. DOI: 10.1111/cen.12154

(5) BERSTEIN L. M. “Dark and light side of obesity : mortality of metabolically healthy obese people” – Expert review of Endocrinology & Metabolism, 2014, 7(6), pp. 629 – 632. DOI : https://doi.org/10.1586/eem.12.58

(6) University College London. “‘Fat shaming’ doesn’t encourage weight loss” – EurekAlert, AAAS, 2014. Article internet consulté le 02/12/2020. https://www.eurekalert.org/pub_releases/2014-09/ucl-sd091014.php

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